Besançon, coeur et âme de l'horlogerie Française

La ville de Besançon et l’horlogerie partagent un lien profond qui les unit, que l’on pourrait croire originel. En réalité, l’activité horlogère n’apparaît au cœur de la cité bisontine qu’à la fin du XVIIIe siècle...

1001-montres.fr est implanté au coeur de la capitale horlogère Française : Besançon. Cela nous permet d'être en contact avec les ateliers, les artisans mais également les plus grandes marques d'horlogerie. Nous sommes heureux de partager avec vous cette histoire que vous présente la Ville de Besançon dans un document intitulé :


Besançon

Cœur et âme de l’horlogerie Française

 

Premières heures horlogères à Besançon

Au-delà d’une histoire commune, la ville de Besançon et l’horlogerie partagent un lien profond qui les unit, que l’on pourrait croire originel. En réalité, l’activité horlogère n’apparaît au cœur de la cité bisontine qu’à la fin du XVIIIe siècle grâce à l’intervention d’un homme. Le genevois Laurent Mégevand, négociant en horlogerie, projette à l’époque d’y installer une fabrique horlogère autonome. À force de volonté et de persévérance, il y fonde en 1793 la Manufacture Française d’Horlogerie. Il convainc une partie de la main d’œuvre horlogère suisse, touchée par le chômage, de le suivre en France et lance de nombreux ateliers de sous-traitance. On recense alors entre 400 et 700 horlogers immigrés, originaires principalement du Locle, de Neuchâtel mais aussi de Genève et de Porrentruy. L’industrie horlogère était lancée à Besançon.

En 1795, la ville compte 1 000 horlogers. La production horlogère progresse peu à peu et passe de 14 700 pièces de 1794 à 1795 à 21 400 de 1802 à 1803. D’abord exclusivement suisse, la communauté horlogère va être progressivement remplacée par la main-d'œuvre locale. La suppression des faveurs accordées à leur arrivée pousse les immigrés suisses à regagner leur région natale. D’autres voient leurs entreprises faire faillite, à l’instar de la Manufacture Française d’Horlogerie de Mégevand. L’Etat se retire finalement du projet tandis que Mégevand, ruiné, perd le titre d’entrepreneur en 1798 et meurt d’une balle perdue pendant le blocus de 1814. Le pôle industriel horloger est néanmoins déjà bien ancré dans le paysage bisontin ce qui permet à certains entrepreneurs de la ville de reprendre le comptoir d’horlogerie créé par Mégevand et d’organiser la production en fonction de la demande. À l’aube du XIXe siècle, l’industrie horlogère bisontine est ainsi en passe de vivre ses heures de gloire et ne le sait pas encore.

 

L’horlogerie en mouvement

Les premiers enseignements horlogers se mettent en place. En 1801, un premier atelier d’apprentissage d’horlogerie est installé dans l’hôpital Saint-Jacques. Puis, face à un besoin grandissant de formation, la première école d’horlogerie ouvre ses portes en 1844 dans le couvent des Petites Carmes, au sein du quartier Battant. Gérée par l’abbé Faivre, l’école connaît un important succès. Bien que le nombre de ses apprentis ne cesser d’augmenter, elle sera toutefois contrainte de fermer en 1848 par manque de moyens financiers.

À cette époque, l’horlogerie locale voit sa production doubler entre 1842 et 1854 atteignant jusqu’à 100 000 pièces par an. La petite production artisanale encore majoritairement représentée voit l’arrivée de nouveaux investisseurs et de nouveaux procédés de fabrication. Les premières usines se crééent : Geismar, spécialisée dans les boîtes de montres ou encore l’entreprise Lip, fondée par le bisontin Emmanuel Isaac Lipmann en 1867 qui deviendra rapidement la plus puissante des manufactures françaises.

En 1860, l’horlogerie locale continue de connaître une forte progression et produit à l’année un peu plus de 370 000 pièces. Deux ans plus tard, la municipalité est amenée à fonder l’Ecole Municipale d’Horlogerie dans l’ancien grenier à blé qu’elle met gracieusement à disposition. Référence nationale, cette école rencontrera un grand succès et obtiendra de nombreux prix lors des expositions universelles de Paris.

L’évolution de l’organisation traditionnelle et l’apparition des premières usines à fonds privés permettent peu à peu à la ville de dominer le marché national de la montre. En 1872, Besançon fournit 99,63 % de la production française, ce qui lui vaut le statut de « Capitale de la montre ». Avec une production atteignant les 395 000 pièces, la ville fabrique alors l’équivalent de 12 % de la production mondiale totale de montres. L’industrie horlogère prend une ampleur considérable. En 1878, Besançon fonde son observatoire astronomique, météorologique et chronométrique dans le quartier de La Bouloie et développe un organisme certificateur indépendant en 1885. Les horlogers bisontins sont désormais informés quotidiennement de l’heure exacte et peuvent réaliser le contrôle officiel de leurs produits. La production locale avoisine alors les 500 000 pièces par an.

Quelques années plus tard, en 1888, est mis en place un concours chronométrique annuel qui verra ensuite la création d’une coupe chronométrique en 1906.

Parallèlement, l’Etat reconnaît les bienfaits de l’Ecole Municipale d’Horlogerie. Elle devient Ecole Nationale d’Horlogerie et se voit allouer une subvention en 1890. L’excellence et la réputation de la main-d’œuvre horlogère bisontine sont à l’époque largement reconnues, tant et si bien que des entreprises parisiennes de renom s’installent dans la ville, comme la maison Leroy. En 1900, les établissements L. Leroy présenteront la montre Leroy 01 lors de l’exposition universelle de Paris. Chef d’oeuvre d’horlogerie, elle demeura pendant plus d’un demi-siècle la montre la plus compliquée du monde. L’arrivée du XXe siècle voit la progression du nombre d’ateliers de fabrication horlogère en ville. On en recense une centaine dans les années 1910-1920 (Bloch-Geismar, Sarda, Piguet, Ulmann, Kummer…) Le projet de construction d’un nouvel établissement d’enseignement est également lancé. Le lycée de « l’Horlo », tel qu’il est appelé à l’époque et qui deviendra plus tard le lycée Jules Haag, est ainsi construit en 1923 sur l’avenue Villarceau. En 1933, le bâtiment accueille le Laboratoire de Chronométrie créé en 1901 dont le 1er diplôme d’ingénieur a été délivré en 1902. Le laboratoire deviendra plus tard l’Institut de Chronométrie et de Mécanique Horlogère avec à sa direction, le Professeur Jules Haag.

En 1932, l’entreprise Lip est érigée au rang de première entreprise horlogère de France et un Centre Technique de l’Industrie Horlogère (CETEHOR), permettant aux horlogers bisontins de bénéficier d’avancées techniques majeures, est créé en 1945. L’horlogerie bisontine vit alors des heures fastes.

 

Les années quartz et la crise

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le milieu horloger local va connaître un premier recul mais reste néanmoins dominant. Certaines entreprises quittent la capitale comtoise comme les établissements Leroy. En 1961, l’Ecole Nationale Supérieure de Chronométrie et Micromécanique (ENSCM) - qui deviendra, en 1979, l’Ecole Nationale Supérieure de Mécanique et des Microtechniques (ENSMM) -, voit le jour. Un an plus tard, la ville fête le centenaire de l’Ecole Nationale d’Horlogerie en présence du Général de Gaulle et du maire Jean Minjoz. Lors de cet événement, les acteurs politiques se félicitent du développement industriel de la ville et font part de leur volonté de le conforter. En 1971, le premier prototype de montre à quartz est ainsi présenté à la presse.

Malgré les efforts entrepris, l’essor fulgurant de l’industrie bisontine va brusquement prendre fin, en 1973, avec la crise pétrolière qui correspond également pour Besançon au début d’une crise économique. La concurrence de la Suisse et le développement des centres horlogers de l’Extrême-Orient mettent encore davantage la ville en difficulté. Cette crise est symbolisée par la célèbre affaire Lip qui marquera durablement l’histoire de Besançon. Menacée d’un plan de licenciements au printemps 1973, l’entreprise est le théâtre d’une lutte sociale d’un nouveau genre. Les anciens salariés décident d’autogérer l’entreprise et organisent la marche Lip qui réunira entre 80 000 et 100 000 personnes venues de toute la France et d’Europe. Un élan de solidarité national se forme autour de l’ancienne première fabrique française d’horlogerie. Après une brève reprise d’activité, le dépôt de bilan est inéluctable et Lip disparaît finalement en 1977. D’autres domaines de recherche naissent alors et la ville se spécialise dans la micromécanique et les microtechniques.

 

Besançon capitale du temps

L’activité horlogère aura marqué le territoire pendant près de deux siècles. Les savoirs et les réflexions autour de la mesure du temps sont toujours présents. Besançon est peu à peu passée du titre de « Capitale horlogère » à « Capitale du Temps ». En 2004, la ville a accueilli la première Biennale Internationale du temps. En 2009, l’observatoire a organisé le premier concours international de chronométrie du XXIe siècle en collaboration avec le musée de l’horlogerie du Locle. Plus récemment, l’observatoire a également repris ses activités de certification en délivrant à nouveau, aux horlogers locaux et extérieurs, le célèbre poinçon à tête de vipère.

Si l’activité horlogère s’était ainsi réduite ces dernières décennies, elle a toutefois perduré et évolué. Le savoir-faire des Bisontins et plus largement des Francs-Comtois, passés maîtres dans l’art du petit et du précis, est reconnu internationalement. Les grandes marques horlogères le savent et trouvent à Besançon le cadre propice à leur développement. Audemars Piguet, Breitling, Seiko, Swatch…, présents dans la capitale comtoise, en attestent. Des entreprises locales, tel que Silberstein, se sont positionnées sur la haute horlogerie tandis que des créateurs sont apparus. Parallèlement, le biomédical et les microsystèmes, les savoir-faire issus de l’horlogerie ont trouvé leurs applications. Il y a une dizaine d’années, la marque espagnole Festina choisissait d’implanter ses sièges France et Europe à Besançon, créant dans un même temps 120 emplois. Plus récemment, en novembre 2010, les établissements Leroy ont également fait leur grand retour en ouvrant un atelier d’assemblage de montres d’une douzaine de salariés, rue de l’Observatoire.

 

Découvrez également la vidéo réalisée par l'ARD Franche-Comté en cliquant ici.

À propos

Retrouvez des tests de montres, des explications sur certaines fonctionnalités, des actus, des peoples, tout ce qui touche de près ou de loin à la montre et à son univers.